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Ria Novosti (Sam 30 Avril 2011)

Nouvelles sautes de tension entre Minsk, Kiev et Bruxelles


Commentaire de Liberté d'Expression :

On assiste sidéré à la concurrence entre trois Etats qui firent partie de la superpuissance URSS pour faire la cour à L’UE. Qune ne regardent-ils pas à l’intérieur de leurs pays respectifs, que ne développe,t-ils pas une coopération entre eux pour enfin pouvoir parler d’égal à égal avec le reste du monde…

Les récentes déclarations du président biélorusse Alexandre Loukachenko, dans lesquelles il a traité le président de la Commission européenne José Manuel Barroso d’“abruti” et a insinué que le président ukrainien Viktor Ianoukovitch était couvert de poux, auraient pu être mises sur le compte de la mauvaise humeur et vite oubliées.
Mais le ministère ukrainien des Affaires étrangères n’a pas apprécié “l’humour” du président biélorusse et n’a pas caché son irritation. Ce qui établit une nouvelle répartition des forces dans le “triangle” Kiev-Minsk-Moscou, qui a été secoué par les sautes de tension au cours des dernières années. A vrai dire, auparavant la tension était principalement observée sur l’axe Moscou-Kiev, plus rarement sur l’axe Minsk-Moscou. Les relations entre Loukachenko et l’ancien président ukrainien Viktor Iouchtchenko pourraient être qualifiées de respectueuses dans ce contexte. Or, aujourd’hui, la tension monte dans les relations entre Kiev et Minsk.

Le président ukrainien Ianoukovitch est un politicien expérimenté, habitué dans sa patrie à des mufleries bien pires. C’est la raison pour laquelle il a préféré ne pas répondre personnellement à l’affront de son homologue biélorusse, en laissant son ministère des Affaires étrangères le faire. Il est à noter qu’en remettant à sa place le président biélorusse, le ministère ukrainien a fait preuve de solidarité avec l’Union européenne, et non pas avec la Russie. Or, en expliquant son absence à la rencontre de Kiev des présidents ukrainien et russe consacrée au 25e anniversaire de la catastrophe à la centrale nucléaire de Tchernobyl, le président biélorusse a traité de “pouilleuse” la direction ukrainienne, ce qui a indirectement “écorché” le président russe. Voici la déclaration des diplomates ukrainiens: “Nous espérons que le gouvernement biélorusse se sentira suffisamment responsable envers ses propres citoyens pour revenir à une politique constructive de coopération avec l’Ukraine et l’Union européenne qui souhaitent que la Biélorusse devienne une république prospère et démocratique.”

La configuration semble changer. Si le prédécesseur de Ianoukovitch, Viktor Iouchtchenko, tentait de jouer le rôle de “phare de la démocratie” en Europe de l’Est, en soulignant par tous les moyens la différence entre l’Ukraine et la Russie “autoritaire”, Ianoukovitch s’est trouvé un rôle plus modeste mais plus réaliste dans les plans de politique étrangère de l’Union européenne.

Contrairement à Iouchtchenko, Ianoukovitch n’a pas l’intention d’apparaître comme un démocrate de type finnois ou suédois. Cependant par rapport à son voisin du Nord, Viktor Ianoukovitch serait plutôt quelqu’un dans le genre du Mahatma Gandhi. Et de toute évidence, Ianoukovitch ne veut pas (une nouvelle fois contrairement à Iouchtchenko !) fermer les yeux sur les algarades de Loukachenko. Le rôle du maître qui sermonne le dictateur qui dépasse les bornes du point de vue des valeurs européennes ne portera pas grand préjudice à Kiev. Les liens économiques entre l’Ukraine et la Biélorussie étaient loin de l’importance des relations de ces pays avec la Russie. Et maintenant que le “projet du siècle” de transfert du pétrole vénézuélien en Biélorussie est définitivement enterré, plus rien ne lie Kiev et Minsk.
Par ses actions, Loukachenko se fourvoie lui-même dans une impasse. Il a probablement perdu son sang-froid en raison de la crise monétaire qui a frappé son pays. Au cours des premiers mois suivant l’élection présidentielle et la dispersion scandaleusement violente de la manifestation de l’opposition du 19 décembre 2010, Loukachenko essayait d’éviter une confrontation supplémentaire avec l’Union européenne, qui était déjà indignée par l’arrestation des candidats de l’opposition et la répression des manifestants. Et voici que quatre mois plus tard, Loukachenko a adopté une ligne politique dure à l’égard des fonctionnaires de Bruxelles. Cela est probablement lié au fait que la Commission européenne dirigée par l’“abruti” José Manuel Barroso ne débloquerait pas de crédits à la Biélorussie. Qui plus est, vu la perspective des sanctions des “eurocrates” de Bruxelles contre les entreprises biélorusses. “Les abrutis sont des abrutis. Que dire d’autre de ces gens”, a résumé Loukachenko.
Cette situation ouvre de nouvelles possibilités pour la Russie. Pour la première fois, il n’y a aucune surcharge de tension sur les lignes partant de Moscou à l’intérieur du “triangle slave” relié à l’UE. La tension s’est déplacée sur les axes Bruxelles-Minsk et Kiev-Minsk. Il reste à savoir si la Russie sera en mesure de profiter de cet avantage concurrentiel.

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction de Ria Novosti



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